3éme partie : découpage de la vallée gauche du Rhône en casiers :
Divers remblais cités plus haut barrent la vallée de rive gauche, et tendent à s'opposer aux débordements du
Rhône. Ils créent des casiers de fait. Nous appelons casiers de grands espaces du lit majeur dans lesquels des débordements peuvent se produire à la faveur des crues ; ils sont limités côté
fleuve et côté aval par des digues ou des remblais ; côté amont et côté coteau, ils se referment naturellement sur le relief ou sont aussi limités par des digues ou remblai divers.
En cas de venue d'eau par l'amont, ces casiers ont un rôle favorable d'écrêtement des crues, et quand leur contenance est dépassée, ils déversent (brutalement s'il y a une brèche) dans le casier aval et ainsi de suite. Selon l'importance des débordements, un casier est sollicité, ou deux, ou trois... Bien sûr, aucun casier n'est sollicité par le Rhône si la voie ferrée ne connaît pas de désordre ou si elle n'est pas dépassée. Mais les casiers peuvent éventuellement être sollicités aussi par les eaux des bassins versants locaux (Vigueirat, vallée des Baux), sans parler de la pluie qui tombe directement.
Casier des Alpines. Le premier casier, en partant de Tarascon, est celui délimité à son aval par le
canal des Alpines, en fait par la digue côté droit de ce canal. C'est un canal d'irrigation dont la prise est en Durance. Le casier des Alpines a été sollicité en décembre 2003 par les flots qui
se sont échappés de deux trémies sous la voie ferrée (trémie des Ségonnaux, trémie du mas de Teissier). Ce casier ne dispose pas de système de ressuyage. En décembre 2003, une brèche a été
volontairement pratiquée pour éviter que le remous amont ne vienne inonder par l'aval les quartiers sud de Tarascon. Les eaux ainsi libérées se sont déversées dans le casier du Trébon, mais sans intervention humaine, une brèche se serait vraisemblablement produite.
Ce casier a une petite superficie (4 km2) et n'écrête que modérément les crues. Le canal des Alpines n'ajoute pas de débit car il suffit de fermer les vannes d'entrée.
Casier de Grand Trébon - Monplaisir: Ce casier est situé environ 3 m en contrebas du casier des Alpines et couvre une grande superficie, 27 km2. Sa limite aval est formée à l'est
par la digue de rive droite du Vigueirat et au sud par la digue de rive droite de la roubine du Roy. La roubine du Roy a évité en décembre 2003 l'inondation par le nord du quartier de Griffeuille
et plus au sud de celui de Genouillade.
Ce casier est ressuyé par un contre-fossé qui longe la digue droite du Vigueirat. Ce fossé aurait bien du mal à
traverser la ville d'Arles du nord au sud et il a fallu le faire passer sous le Vigueirat par les deux siphons de Flèche et de Quenin. Les deux roubines de Flèche et de Quenin rejoignent un grand
fossé d'assainissement appelé « la Vidange ». La Vidange rejoint ensuite le canal de la vallée des Baux.
En 2003, ce système de ressuyage s'est avéré insuffisant pour évacuer toutes les eaux stockées dans le casier de Grand Trébon - Monplaisir, d'autant que le siphon de Quenin s'est obstrué. Il a fallu aménager en urgence des passages busés sous la digue nord de la roubine du Roy afin de vidanger le casier vers le Grand Rhône une fois qu'il avait amorcé sa décrue.
Le barreau projeté pour protéger Arles coupera ce casier en deux parties : au nord le casier du Grand Trébon,
au sud la zone urbaine de Monplaisir qui sera protégée et donc « sortie » du casier.
Casier des anciens marais d'Arles et des Baux: Ce casier de 36,6 km2 est limité au sud par le verrou naturel de Fourchon et par la route RD 453N qui le surélève. En l'absence
d'arrivée d'eaux provenant du Rhône ou du Vigueirat, et s'il pleut très fort sur son bassin propre, l'écoulement se fait bien entendu de l'amont vers l'aval, c'est-à-dire de l'est vers l'ouest :
le marais des Baux se remplit avant celui d'Arles. Mais, en cas d'arrivée d'eaux extérieures, venant soit du Rhône par trop plein du casier du Trébon, soit du Vigueirat par déversement sur sa
digue sud ou par brèche, ce casier peut fonctionner à l'envers : il est envahi par l'aval, et l'écoulement remonte le canal de la vallée des Baux vers l'amont. Cela s'est produit en 2003 suite à
la brèche de la digue gauche du Vigueirat à Fort d'Herval. La séparation hydraulique entre le marais d'Arles (21,6 km2) et celui des Baux (15 km2) est faite par la RD 33 à Barbegal qui se
comporte comme un barrage à pertuis ouvert dans les deux sens.
Eléments tirés du rapport technique du schéma de protection contre les crues du secteur Arles Tarascon

La plaine de rive gauche du Rhône en aval de Tarascon a un fonctionnement
hydraulique déjà
Les digues fluviales sont une arme à double tranchant : elles protègent
des terrains pour des crues
SI2VB - 5 rue Marcel Honorat - 13990 Fontvieille
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